jeudi 6 septembre 2012

Dreaming of you

Découvert la musique originale du film de Marcel Carné adapté de l’œuvre de Simenon, Trois chambres à Manhattan, et l'ai tout de suite aimée, y retrouvant cette empreinte nostalgique du jazz de ces années-là, cette même émotion qui vous saisit en écoutant Miles Davis dans Ascenseur pour l'échafaud, où déjà Maurice Ronet tenait la vedette. Composée par Mal Waldron et Martial Solal, elle donna lieu chez Pathé Marconi à un 45 tours de toute beauté. Générique :

Dark Mood (composé par Solal)
Rupture (Solal encore) :



Dreaming of you (Virginia Vee, composée par Mal Waldron)


Autre curiosité du film, la première apparition cinématographique de Robert de Niro, en tant que figurant :


Je découvre seulement maintenant l'introduction que Michel Carly donna au livre dans l'édition du Livre de Poche. Elle met en évidence son caractère autobiographique, en explique l'écriture dense et fiévreuse. Extrait :

Premier roman américain, mais aussi premier vrai roman d’amour. Expérience inédite pour Simenon. François Combe et Kay deviennent des doubles romancés de lui-même et de Denise. Il y a maintenant à New York des tas d’endroits où je ne puis passer seul, avoue le héros qui a presque l’âge de Simenon. Comme lui, il est un homme qui a coupé tous les fils, un homme qui, aux approches de la cinquantaine, n’est plus rattaché, ni à une famille, ni à une profession, ni à un pays, ni même, en définitive, à un domicile : rien qu’à une inconnue endormie dans une chambre d’hôtel… Denise dira en lisant le roman : « Combe est le portrait poussé au tragique de Simenon. » Elle sera troublée de se voir avec le visage et le corps de Kay. Que pense-t-elle quand son nouvel amant lui offre le manuscrit, le tapuscrit et le plan du roman et qu’elle en déchiffre l’énigmatique dédicace : A Denise pour qu’elle n’y pense jamais plus ?
"C’est, sans qu’il soit cité, aux peintures d’Edward Hopper que s’apparentent les touches visuelles du roman. (..). Comme ce petit bar avec son matelot accoudé au comptoir qui fixe farouchement le vide devant lui, cette halte nocturne noyée de lumière sourde qui renvoie à la célèbre toile Nighthawks, « Oiseaux de nuit », que Hopper a peinte trois ans plus tôt." (Michel Carly)

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